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Auteur: LABYRINTIK T.PODA

OURCQ TERRIFIC LOVE STORY

mars 2011
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20 mars, 2011

OURCQ TERRIFIC LOVE STORY foire aux questions / les réponses du réalisateur


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FAQ évolutive sur le film >OURCQ TERRIFIC LOVE STORY<
le film, la production, la technique sur un cas
Posez vos questions pour alimentez la FAQ ici  : contact@labyrintik.com

 

LA METHODE DE  L’AUTOPRODUCTION:   » LA SEULE DECISION DE FAIRE LE FILM VAUT QUE LE FILM SERA FAIT « 

1-    ORIGINE
2-   AUTOPRODUCTION
3-   TECHNIQUE & CONCEPT DE FAISABILITE
4-   UN TOURNAGE EN DV
5-   PAS DE PRODUCTEUR ET PAS DE CNC
6-   AVENIR ECONOMIQUE
7-   PARCOURS

 

 

 

 

 1- ORIGINE DU PROJET

Pour être laconique, on peut dire que OURCQ TERRIFIC LOVE STORY est un long métrage de fiction, fortement inspiré sur un plan cinématographique, produit sans financement industriel, sans équipe professionnelle (sans équipe du tout même) et entièrement réalisé avec des outils numériques « maison ». Un film fait à la main serait une bonne définition.

OURCQ TLS est un projet de film en germe depuis longtemps, sur lequel le travail a commencé vraiment depuis 2005/2006. A l’origine il y avait le souhait de tourner un Thriller,  pour des raisons de forme car le genre permet de créer de la grammaire cinématographique plus que tous les autres genres, le langage du Thriller est vaste, il permet d’être créatif, d’être inventif, c’est tentant…

Au départ du projet il y’a une anecdote racontée par Isabelle Huppert, sur le film Loulou de Maurice Pialat il parait que durant le tournage Maurice Pialat a tellement pourri le moral d’Isabelle Huppert qu’un jour elle a quitté le tournage pour aller s’acheter un gros steack de viande rouge chez un boucher et elle l’a bouffé cru dans la rue assisse sur un banc.  J’ai pensé que ça ferait une bonne scène pour un film. Il a fallu broder une histoire autour de cette scène. Je pensais à De Palma pour le coté plasticien, pour le personnage central j’avais en tête Breaking The Waves de Lars Von Trier qui m’avait bien marqué, j’aime bien cette idée d’un personnage féminin à la fois attachant, bon et malmené par l’histoire, le public s’en sent proche et s’en rapproche, cette  proximité forcée du public avec le personnage principal est intéressante. Le spectateur tient le scénariste responsable des malheurs auxquels le personnage se retrouve confronté, c’est une façon originale de s’intégrer au film en tant que réalisateur. C’est devenu l’histoire d’une actrice qui n’a aucun succès professionnel, qui, dans l’attente de sa réussit, sombre dans une quasi-mélancolie psychiatrique, quand un individu surgi de nulle part commence à suivre l’actrice partout caméra au poing et la filme de façon obsessionnelle, l’individu étant le réalisateur du film évidemment. Dès le départ il paraissait évident qu’il fallait trouver une actrice inconnue, et en même temps il fallait faire un pari sur l’avenir, celui de dénicher une actrice inconnue dans le réel qui soit une sorte d’icône cinématographique en devenir. Une actrice genre Léa Seydoux mais n’ayant jamais tourné, totalement inconnue du public et du milieu. Plus largement j’avais en tête une actrice en devenir, de la trempe d’une Monica Vitti ou d’une Anna Karina.
Il a fallu partir, avec peu d’espoir, en quête de cette actrice inconnue.
J’ai écumé plein de petites salles de théâtre à Paris jouant des pièces de petites troupes totalement inconnues, j’ai rencontré plein d’actrices à Paris, parfois des rencontres filmées ont eu lieu,  un jour est venue Louise Monot, juste avant qu’elle ne tourne OSS 117,  Louise Monot a tout pour le cinéma, une sorte de Juliette Binoche.  Elle était curieuse vis à vis du projet, mais pas trop partante pour se lancer, et moi de toutes façons je me disais que si elle commençait à bosser sérieusement dans le système avec salaire, elle risquait d’être mal avec moi à faire un truc d’artisan sans argent sur une période non réellement définie. En tous les cas son apparition au casting fut magique. Est apparue aussi Joanna Preiss, une actrice plutôt charismatique, qui gravite dans l’univers de Christophe Honoré et Olivier Assayas, je l’ai vu depuis dans Les Mouvements Du bassin de HPG, une forte présence. Marie Denarnaud aussi a été connectée, Marie a fini par prendre en charge le second personnage féminin du film, elle a fait de nombreuses apparitions sur le film où elle s’est avérée être un actrice dans sa bulle et très créative, avec un certain caractère, avec un jeu riche de détails comportementaux. Durant la phase casting un jour j’ai vu apparaitre Alysson Paradis, physique très hypnotique, Alysson est une personne très intéressante aussi je trouve, très lunaire, on a failli faire le film ensemble mais son agent de l’époque, Laurent Savry, s’est battu pour l’empêcher de faire le film.

Puis un jour au bout d’une année et demie j’ai croisé le chemin de Vanessa Kryceve, débusquée sur la base d’une photo sur le site MySpace. C’est la personne qui me semblait parfaite qui débarquait, le film s’est donné une chance d’exister d’un coup, le sentiment d’une réussite possible était là. Au départ il y avait un fantasme, le souhait de créer «un truc filmique» avec de la «matière féminine», et avec l’apparition de Vanessa il y a eu matérialisation et donc la prise de vues devenait possible.  Vanessa jouait au théâtre Carré Sylvia Montfort une pièce de Eric-Emmanuel Schmitt et je suis allé la voir. Vanessa est ouverte à toutes les expériences artistiques quand c’est justifié. Elle n’est pas rebutée par le bricolage et l’artisanat. Elle possède une expérience de la scène théâtre. Elle dégage un truc très étrange, très hypnotique, c’est une actrice qui a une qualité proche du fantastique, elle possède une aura incroyable. En plus d’être «parfaite» Vanessa Kryceve possède plein de petits défauts, ce qui rend à mes yeux la perfection «humaine» donc non repoussante, la perfection devient accessible au regard de tous, et ça c’est payant à l’image.  En plus par dessus tout, pour moi Vanessa possède le truc de l’icône. Elle est arrivée dans le projet, elle est rentrée dans l’univers du film, elle assure depuis plus de 7 ans maintenant.  Aujourd’hui je peux dire que OURCQ TLS est un Thriller qui raconte une histoire d’amour burlesque et terrifiante avec un langage cinématographique proche de celui des illusionnistes et ça se passe au bord du canal de l’OURCQ à Paris. Au début je doutais beaucoup, puis petit à petit j’ai fini par trouver plutôt bien le résultat, même très bien parfois.

OURCQ TLS est devenu ce que je voulais obtenir, c’est à dire à la fois un film d’auteur prototype, un HomeWork,  et à la fois aussi un film commercial prototype. OURCQ TLS est un prototype. Un prototype naïf et bricolé. Un prototype du « comment faire » sans moyens financiers. C’est vrai que sur ce film je n’ai aucun financement, pas de producteur, c’est vrai que pour ces raisons la situation est complexe parfois. Cependant ne pas avoir de producteur possède un gros avantage; on n’est pas obligé de brider la singularité de ses ambitions en tirant le projet vers le standard, on est libre de tenter.  Et en ce qui me concerne les ambitions ont toujours été clairement les suivantes : 1-réaliser un film qui «révolutionne» la grammaire cinématographique 2-réaliser un film qui exposera une actrice inconnue comme icône cinématographique dans des festivals internationaux.  On nage dans le pur fantasme évidemment, mais c’est le moteur naturel de la création.
A ce jour la prise de vues est ENFIN terminée, le film est en cours de montage sur 2016.

Une théorie de l’autoproduction : quand on a réussi à réaliser au moins la moitié d’un film, on tient l’expérience et toutes les cartes en mains pour réaliser la deuxième moitié du film et donc tout le film entier, si on tient jusqu’à la moitié du tournage, c’est gagné.  Une théorie selon moi qui vaut quelque soit le budget.

Le cadeau de cette persévérance est que le film croise Jean-Pierre Léaud en cours de réalisation, et après avoir vu des images du film déjà tournées il accepte de rentrer dans l’aventure, qui plus est dans un registre qu’on ne lui connaissait pas ; il incarne un psychologue maléfique avec peu de dialogue, tout dans le regard. Les scènes avec Jean-Pierre sont fantastiques !  La venue de cet acteur au parcours mythique dans OURCQ TLS confirme la thèse selon moi que OURCQ TLS n’est pas un simple caprice mais bel et bien un acte cinématographique. Sur ce point, j’ai au moins déjà gagné un pari.

ACTRICE

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2AUTOPRODUCTION

Avoir des idées, des images en tête, une histoire à raconter, construire une pensée cinématographique, c’est bien pour l’écriture du scénario, mais à un moment il faut passer à l’action «de faire». Autrement dit il faut passer du fond à la forme, il faut passer de la pensée à la matérialisation de cette pensée, puis au filmage de cette matérialisation, autrement dit, il faut «faire» le film.

Sur OURCQ TLS au départ l’ambition c’est le Thriller, le Thriller permet de créer «sur la forme» plus que tous les autres genres, il faut être inspiré, le Thriller permet d’explorer,  il y avait énormément d’idées à mettre en place, à tester, que ce soit à la prise de vues, au montage, dans la structure même de l’histoire. Au départ il y’a l’idée d’un film de forme, l’idée de travailler le langage cinématographique, de travailler la grammaire cinématographique, d’une certaine façon il fallait mettre en place une poésie de l’image, et surtout il fallait être inventif pour combler l’absence de moyens financiers. Je pensais à DE PALMA, HITCHCOK, mais aussi à LYNCH, je pensais à BLOW UP d’Antonioni qui à sa façon est un Thriller.  Je voulais filmer une filature (je pense au final de La Soif Du Mal); j’avais en tête de filmer des flash-back non identifiables afin de perdre le spectateur dans l’espace temps; j’avais en tête que la bande sonore donnerait (plus que l’image) des indications sur les éléments de l’histoire; de créer des happening et d’y jeter les acteurs pour les filmer à voir comment ils s’organisent à surnager; de faire durer la prise de vue sur une longue période qui pourrait aller jusqu’à 5 ou 6 ans,  le but étant de filmer selon des climats changeants;  de bricoler les couleurs jusqu’à ce qu’elles donnent un sens particulier à la séquence qui les emploie; d’intégrer le cadreur dans le film de façon originale et inattendue;  de filmer l’actrice principale qui décide de s’enfermer une année dans son appartement pour y vivre comme une ermite; de travailler sur le fondu enchaîné, sur le cut et sur la fermeture au noir, de leur donner une véritable existence au point de devenir un mode de narration;  j’avais aussi en tête de «glisser» du réel à la fiction et vice et versa;  de gérer les acteurs en les laissant rentrer et sortir du tournage dans l’esprit du jeu de rôle.

Le principal problème de départ quand on développe un projet de long métrage c’est le budget à trouver,  qui dit budget dit travailler dans le système selon les règles du système et selon les lois «du travail». Un financement quand on est inconnu et que l’on ambitionne de tenter « des trucs » c’est impossible à trouver. Au mieux on peut trouver un tout petit financement mais ce petit financement imposera tout autant de devoir suivre les règles du système (salaires/normes techniques/organisation du travail etc.…) et au final on tournera de toutes façons avec si peu d’argent que l’essentiel du travail consistera à filmer des acteurs qui parlent dans les cafés, dans les appartement, dans la rue, dans les voitures. Il est clair dans ces conditions que le système ne fonctionnera pas pour un film « original », expérimentateur, avec des acteurs inconnus, de plus si c’est un 1er film:  les professionnels de la profession ne suivront pas.

Pour comprendre l’Autoproduction, le cheminement de la pensée est le suivant : le tournage c’est la forme, et dans la forme il y a deux paramètres :

-le 1er paramètre c’est la «norme» technique du tournage, que ce soit au niveau du matériel utilisé pour réaliser le film ou que ce soit au niveau des décors et lieux de tournage ou que ce soit au niveau administratif.

-le 2ème paramètre c’est la grammaire cinématographique, c’est-à-dire  >la structuration d’un scénario  >le sens du cadre  >le sens du montage  >le sens général de la «codification» du film :  appelons tout cela «le savoir faire» ou «l’esprit artistique»

>>>Le 1er paramètre nécessite un financement, de se plier aux règles du système industriel qu’impose un financement.

>>>Le 2ème paramètre ne nécessite pas de financement car il s’agit d’un travail intellectuel que l’on s’impose à soi-même (donc gratuit).

Pour rentrer dans l’autoproduction il faut donc accepter d’être délesté du 1er paramètre afin de ne plus être tributaire que du 2ème paramètre.

Les éléments clefs qui font la particularité que le cinéma est le cinéma sont d’ordre artistique, cad intellectuel, cela ne dépend pas d’un financement, il est donc possible de s’accrocher à ces éléments dans «l’acte de faire» sans qu’il soit nécessaire de s’accrocher aux avantages que procurent l’apport financier d’un budget système, quand je dis « acte de faire » je veux parler du travail 1/sur la structure scénaristique 2/du sens du cadre au tournage  3/du montage.

Avec l’autoproduction on est face à l’artistique pur, cela ne dépend pas du financement que l’on vous refuse, on est juste face à soi-même, et l’argent (un budget) n’a aucune interactivité dans ce domaine.

La chose devient possible, il suffit de le vouloir. Point.

Bien comprendre que dans une production système c’est la rentrée du financement qui lance le film, tandis que dans une autoproduction ce qui lance le film c’est la décision que l’on prend que l’on va faire le film.

Pour précision, on ne se lance pas dans l’autoproduction pour tourner le dos au système, c’est le contraire, c’est parce que le système vous tourne le dos que l’on se lance dans l’autoproduction, la décision que le film doit exister l’emporte sur tout le reste et notamment sur la nécessité de financement.

On peut en tirer à ce stade une définition de ce qu’est l’autoproduction sur un plan industriel : L’autoproduction est assurément un pari paradoxal antinomique, celui qui consiste à réaliser un film dont la survie ne dépendra jamais du financement nécessaire à sa création.

Là où l’existence d’un film dépend du financement dans une production classique, dans l’autoproduction tout dépend de la décision de faire, cad de la puissance de l’esprit, uniquement de la puissance de l’esprit, la décision de faire suffira à faire que le film se fera.

C’est ici que l’autoproduction s’impose pour OURCQ TERRIFIC LOVE STORY, sans financements pros, mais avec la liberté de penser et de faire si on le décide.

1ère règle : pour une autoproduction une adaptation absolue est nécessaire: celle des moyens en sa possession.
Il est vrai que pour une autoproduction on ne tourne pas en HD avec la dernière caméra performante et tout le matériel pro loué et l’équipe qui va avec, on prendra la caméra qui est dans le placard et si on a une DV qui a 10 ans d’âge ou un simple appareil photo on tournera avec,  on travaille dans «la cave», on bricole à tous les niveaux avec des «outils maison»,  on fabrique ses sources lumière, on peut se retrouver avec une équipe technique de 2 personnes, pour les lieux de tournage certes on ne peut pas accéder à des endroits payants cependant le langage cinématographique que vous développez sera tout autant efficace quelque soit l’endroit où vous filmez, ce langage reste le même sans financement, s’il s’emploie en bas de chez vous dans votre quartier à portée de mains sous un lampadaire, dans des lieux  accessibles gratuitement ou lors de tournages sauvages sans autorisation dans les lieux qui vous intéressent.

OURCQ TERRIFIC LOVE STORY se déroule aux abords du canal de l’OURCQ,  et de façon générale pour les intérieurs je tourne là où les portes s’ouvrent et où l’on m’accepte, mais je choisis toujours à la base les lieux qui collent à mon histoire (il faut être intransigeant sur ce dont on a besoin, c’est ce travail intellectuel auquel je faisais référence), c’est long, mais du temps on en a puisque il ni y’a pas d’échéanciers pour le remboursement d’un financement extérieur. Comprendre, même sans argent en autoproduction, si elle est bonne «l’idée» peut s’exprimer, il y aura du grain, le mouvement sera aléatoire, le résultat semblera minimaliste, certes, le son sera peut-être un peu bizarre, mais l’idée sera quand même là, et c’est cela qui fait la force du cinéma.

A agir de la sorte en autoproduction, certes au final «la norme» technique n’est pas respectée (ce n’est pas de votre faute, c’est le système qui ne vous a pas donné de financement), mais cela ne change rien au langage cinématographique que vous développez, financement ou pas le film existera sur CE langage que vous développez, avec VOTRE grammaire cinématographique,  et c’est cela qui compte. Le résultat paraîtra «expérimental» par manque de moyens «aux normes» mais la valeur intrinsèque du film, son langage cinématographique, lui, ne sera pas expérimental et il sera visible.

Bien comprendre que la norme technique est à la portée de n’importe qui qui travaille avec un financement, qu’en autoproduction ce paramètre n’existe plus mais qu’il n’est pas éliminatoire.  Si on intègre cela, si on cesse de croire que le formatage technique est indispensable, si on se débarrasse de cette croyance, si cette barrière psychologique tombe alors rien n’est plus une barrière, tout le monde peut tenter, l’artistique est une affaire qui ne coute rien, c’est intellectuel, et c’est un élément organique du cinéma.

Bien comprendre aussi, que se mettre hors système par l’autoproduction, c’est aussi être et rentrer dans le système. C’est à cela que peut, que doit servir une autoproduction. Il sera toujours temps d’exprimer son idée avec plus de puissance financière sur un second film, dans la norme technique d’un vrai budget, plus tard, une fois qu’on sera dans le système, et l’autoproduction mène à cela.

Pour l’exemple, des cinéastes qui ont commencé en autoproduction :

Almodovar quand il réalise Pepi, Luci, Bom et autres filles du quartier

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Lynch quand il réalise Eraserhead

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Kubrick quand il réalise Le baiser du tueur

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Cassavetes quand il réalise Shadows

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Jim Jarmush quand il réalise Permanent Vacation

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3-  TECHNIQUE & CONCEPT DE FAISABILITE

Autoproduction = pas de financement.
Pas de financement = risque de voir la fabrication du film s’arrêter définitivement.
Le tournage s’envisage sur un longue période = augmentation du risque de voir la fabrication du film s’arrêter définitivement.

Dans l’autoproduction, pour annuler le risque d’un arrêt définitif de la fabrication du film par manque de moyens financiers il faut poser de suite comme concept (absurde) de réaliser un film dont la fabrication ne sera jamais remise en cause de façon définitive par les problèmes d’absence de moyens financiers.  La règle absolue est que  la seule décision prise «que le film doit exister» devra suffire à faire exister le film.

La réalisation d’une autoproduction est un pari paradoxal antinomique, celui révolutionnaire d’être un film dont la survie ne dépend pas du financement indispensable à sa création.

En ce qui concerne OURCQ TLS, le projet possède deux moteurs : l’efficacité cinématographique et la logique de faisabilité permanente quelques soient les moyens financiers du moment. Le but étant à terme aussi que le film soit vu, exploité et le plus « rentable » possible, ce n’est pas parce que le film ne se tourne pas selon les règles du système qu’il ne faut pas penser comme le système ;)

Pour une autoproduction la 1ère règle pour exister c’est de trouver un style d’histoire qui soit crédible avec les moyens techniques que l’on a à sa disposition, et pas le contraire, à titre personnel j’ai commencé par faire l’inventaire de ce que je possédais, moi j’avais dans un placard une vieille caméra d’un autre âge, la Sony VX 1000 numérique DV et un vieux programme de montage Avid.

Filmer c’est une question de forme. C’est de ça que surgit le fond, il ne faut pas se rater dans les choix artistiques de départ, la première pensée doit aller à la forme cinématographique, il faut trouver une forme crédible à son filmage, on ne fait pas Batman avec une caméra DV et une équipe de deux personnes. Et on ne tourne pas non plus Festen avec du 70 MM SCOPE et une équipe de 500 personnes. Il faut que l’histoire soit en accord avec son matériel de prise de vues, c’est capital. L’exemple le plus frappant est la mort de Kadhafi, on y a cru car la scène a été tournée avec un téléphone portable, images saccadées, mauvaise qualité, en rapport avec la situation, l’exemple est cynique certes mais il est parfaitement juste,  la même scène tournée avec une caméra 70 mm et un travelling avec lumière chef op : personne n’y aurait cru au JT.
Il faut penser le réel quand on veut tourner de la fiction, l’exemple de Kadhafi est violent mais terriblement juste en terme de théorie cinématographique. Il faut bien comprendre que votre film doit donner le sentiment du réel, or les «gens» sont gavés de TV de nos jours, la référence inconsciente c’est le «vu à la TV», pour être crédible il faut donc s’inspirer des formes TV, c’est incontournable. «Quelle est la situation?», «comment la TV montrerait une situation comme celle-là?» : deux questions capitales pour se lancer dans la forme cinématographique. Impossible de contourner le problème. Bien comprendre aussi que la forme «Internet» est l’avenir du «réel crédible», que cette «forme» de l’Internet se met actuellement en place en parallèle de la TV et qu’en plus elle est totalement en phase avec l’image numérique, certainement plus que la TV, théorie à penser d’autant plus que dans l’autoproduction on tourne par manque de moyens avec des caméras plus proche du jouet que de l’appareil professionnel.

Donc quoi faire avec l’appareil enregistreur que l’on a sous la main ?

Il faut tester votre « caméra »  numérique dans divers situations climatiques, et en lumière artificielle de toutes natures. Il faut faire ces tests / essais matériel pour trouver une patine crédible qui colle à l’histoire. Force de faire des tests on trouve : l’avantage du numérique c’est que la lumière se fait à l’œil, pas besoin de cellule.

En commençant  OURCQ TLS j’avais une petite expérience en prise de vue numérique photo ça a aidé à trouver des solutions, et je me suis placé Chef Op. Je savais aussi comment je voulais que le film soit cadré, vu que personne n’a voulu cadrer,  je me suis placé cadreur aussi.
Après cette expérience : je conseille à toute personne qui se lance dans une autoproduction de se placer cadreur et chef op lumière, cela permet de comprendre ces deux métiers comme personne, (et en plus on est gratuit, parfait dans une autoproduction).

Quand on cadre il faut inventer son cadrage et surtout ne suivre aucune règle préétablie. Pour être crédible sans moyens j’ai vite compris qu’il fallait imposer à mon histoire une réalisation en mode reportage, je dirais à 80% du film dans mon cas. J’ai décidé pour pimenter ce reportage que m’imposait le manque de moyens techniques de baser le film sur « une confrontation frontale » entre un réalisateur et une actrice. Je suis devenu alors cadreur crédible dans le film. Je me suis intégré au film. Il faut se poser beaucoup de questions sur la place du cadreur dans la fiction. Où est le cadreur ? Qui est ce cadreur ? D’où viennent les images ? Plus le cadreur fait partie de l’histoire plus on marque la réalité du monde que l’on filme. Après le reste c’est la créativité de chacun, et ce que l’on veut mettre dans un film comme grammaire personnelle cinématographique, faut bien être inventif puisque dans l’autoprodution il ni y’a pas de moyens financiers pour compenser et atténuer le risque de rater son film. .

Je constate, en ce qui a concerné la faisabilité technique du tournage, que j’ai passé beaucoup de temps à repérer des lieux, ce qui ne coûte rien et rapporte beaucoup. Pour une autoproduction il faut traiter chaque séquence comme un court métrage que l’on met en chantier,  on cherche le bon décor, on assure un vrai repérage [lumière et décor] pour les extérieurs, on tourne sans autorisation dans la rue au bon moment, parfois on trouve une personne qui paie une facture pour vous, un ami, la famille, mais on tourne que quand tout est prêt, quand on a tout ce dont on  a besoin pour sa séquence,  puis quand c’est tourné on fait une croix dans la case UNE DE PLUS.

Le principe est qu’on peut arriver financièrement à faire un film «fauché» en fabriquant à fur et à mesure les barreaux de l’échelle, ce n’est pas capital d’attendre que le financement soit complet pour commencer la fabrication de l’échelle, dans ce cas on passerait sa vie à attendre, c’est d’ailleurs ce qui arrive à beaucoup de réalisateurs qui tentent de débuter. Le film se construit donc d’une certaine façon avec la bienveillance de tous, barreaux après barreaux, et chaque barreau fabriqué permet de monter d’un cran et de fabriquer le suivant. En cours de route il faut montrer sur le net des teasers « mystérieux » qui montre l’univers général du film en cours de réalisation.  On « montre » sur le net des photos, il faut communiquer sur les choses réalisées, à faire cela on gagne en confiance et on gagne aussi la confiance d’un potentiel futur public, durant la période de fabrication du film c’est important de montrer du matériel lié au film, laisser traîner quelques pièces d’un puzzle incomplet, ça attire le regard.

En tous cas OURCQ TLS se prépare aussi à cela, à jouer avec soi-même et avec le spectateur même et surtout sur des petits écrans multimédias,  le film est construit sur le plan de l’image de façon épurée pour avoir de l’impact en tout petit écran du genre Ipod, de la même façon qu’il est pensé pour avoir de la gueule avec du grain image en grand écran dans une salle. Le but du formatage petit écran c’est d’avoir en permanence des spectateurs déjà en amont durant sa fabrication…

Une autre élément essentiel très important dans le concept de faisabilité en autoproduction, c’est de s’adapter même quand c’est foutu, parfois les merdes qui vous tombent sur la gueule sont si énormes que combattre ne sert à rien, vaut mieux s’adapter et en faire une force comme on peut, par exemple, le problème le plus complexe auquel j’ai été confronté pour OURCQ TLS c’est celui, de fait, que  le tournage allait perdurer plusieurs années -à cause du manque de financement et aussi -à cause de l’envie de filmer les saisons qui passent. Je ne voulais pas réellement cette longueur de tournage au départ, j’avais planifié 18 mois pour la prise de vue, et puis  cette longueur « infinie » s’est imposée par la force des choses comme un lent serrage de vis mortel.

Pour contourner le problème du temps infiniment long et ne pas sombrer dans la défaite,  j’ai développé le concept «mental» selon lequel la durée de la prise de vues donnera le temps de l’histoire du film,  ce fut 7 à  8 années au final j’avais réellement commencé à tourner des premières images en 2007 avant même que n’arrivent les acteurs en filmant le quartier du Canal de l’OURCQ. Cette durée je l’ai acceptée par la force des choses, et finalement c’est positif puisque -1-cela donne du temps pour fignoler le tournage  -2-mais surtout je me suis dit que cela finirait bien par se voir à l’image,  et cela a fini par fonctionner… Effectivement maintenant cela se voit je trouve, cela se sent, cela donne du corps au résultat et de la puissance au film, comme une patine, car on voit bien évoluer l’histoire, les personnages et le quartier de l’OURCQ au rythme des saisons. OURCQ TLS est devenu un film organique.

1/qu’il soit long ou court LE TEMPS qui passe est toujours source de créativité alors autant ne pas le craindre et s’en faire un allié.

2/LE TEMPS qui passe est toujours plus fort que toi, alors autant ne pas le craindre et s’en faire un allié.

3/que ce soit en autoproduction ou dans une production « professionnelle »,  le réalisateur se doit d’avoir un rapport au TEMPS très privilégié au point de l’apprivoiser. Sinon…

OURCQ TLS aurait du s’effondrer à cause du risque d’un tournage sans fin dans le temps et je n’y pouvais rien, mais au final  OURQ TLS est toujours là, et c’est devenu une suite «d’expériences climatiques».  OURCQ TLS offrira ces deux choses que l’on voit rarement au cinéma, qui plus est quand on s’autoproduit, celle d’embarquer le spectateur printemps, été, automne et hiver, et celle de faire «mûrir» les personnages dans l’histoire.  C’est déjà pas mal pour un film «fauché», cad sans réel budget.

Je pense qu’au final le film aura coûté 20 000 euros à fabriquer.

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4. UN TOURNAGE EN DV 

Pourquoi un tournage avec une caméra DV ?

>>La première raison est simple, au départ de OURCQ TLS il ni y’a pas de financement, j’ai donc réellement pris une caméra qui trainait dans un placard depuis 10 ans pour commencer la prise de vue. C’est une Sony VX 1000,  c’est l’une des premières numérique tri ccd trouvable dans le commerce à partir de 1995 je crois, elle était accessible au grand public et j’en avais une. J’aime bien l’image qu’elle donne…
De plus, si ma mémoire est bonne je crois que l’on ne trouvait pas de caméra HD en vente grand public à l’époque quand j’ai commencé la prise de vues en 2006/2007.  De plus le budget est inexistant en terme de prise de vues et de montage son et image quand on travaille en DV.  C’est parfait pour un film sans budget. En numérique tout le monde ne jure que par le HD car l’image serait plus belle car plus net, je ne suis pas d’accord, elle n’est pas plus belle. le DV c’est autre chose, c’est comme tourner en  super8 du temps du cinéma argentique.

>>La seconde raison : tourner en DV, c’était surtout tourner en prise de vues « numérique ».  Godard a révolutionné le cinéma car il a pu montrer son talent en changeant la méthode de travail, en l’adaptant à ses modestes moyens, ce fut une révolution de méthode mais pas une révolution organique liée au cinéma lui-même. Le numérique c’est une révolution en soi, une révolution organique du médium lui-même, c’est le cinéma qui mute en proposant un nouveau monde lumière à explorer, avec le numérique on passe du sel au pixel et pour l’oeil tout est à construire, peut-être que dans un millier d’année l’argentique n’aura été qu’un moment d’introduction dans la lumière cinéma.

C’est vrai qu’en ce qui concerne le commerce au final, certes,  c’est le HD avec des normes très strictes et très chères qui s’impose comme le format international obligatoire de l’industrie, parce que ça fait « propre et net »,  mais dans l’attente les premiers grands films Nationaux validés par le public de chaque pays se feront certainement en « petite » caméra numérique car financièrement on peut produire des films avec peu donc en indépendants, en créatifs libres, et puis aussi ces films en DV sont plus faciles techniquement à diffuser que le HD dans les tuyaux du tel, du net et des Ipod, qui sont les canaux immédiats et accessibles à tous pour l’instant.  Sur ce point je suis en parfait accord avec Lynch qui dit que l’avenir du cinéma se joue aussi en tournage DV et visionnage sur petits écrans de type Ipod avec écouteurs sur les oreilles. Le rôle révolutionnaire que va jouer « la petite caméra Numérique » dans le cinéma fait que ces petites caméras sont des caméras qui rendent la plus belle image du monde car très originale pour rendre le réel (elles rendent mieux le réel que les caméras pros), la « petite » caméra est donc l’arme préférée des artistes pour l’instant, elle crée un monde étrange, il y’a du grain, certes, mais au final on dirait du super8 version numérique, avec le temps on trouvera cette image de plus en plus « mélancolique ».  Les nouveaux esprits cinéastes se construisent en ce moment dans cet esprit.

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5. PAS DE PRODUCTEUR ET PAS DE CNC

Là on attaque un sujet qu’il s’agit de traiter sans chougnerie.

Comme le dit André Malraux, le cinéma n’est pas qu’un art, c’est aussi une industrie.

Au-delà de sa nature artistique il faut définir ce qu’est réellement le cinéma. Le cinéma est une industrie oui, le nier c’est se tirer une balle dans le pied.

Un industrie, et alors ? Tant mieux ! Et c’est très bien.

Comme toute INDUSTRIE, l’industrie du cinéma implique pour son bon fonctionnement qu’il y ait automatisation des taches et standardisation du mode de production. Cela implique un formatage du produit à fabriquer, plus le produit reste dans la norme formatée, que l’industrie lui impose, plus l’industrie peut se développer au mieux de ses possibilités, il faut remplir les salles, il faut que ça tourne, il y a des millions de spectateurs prêts à payer pour voir.

Dans l’industrie il y a des règles à suivre pour que la «machine» fonctionne au mieux sans entrave, on peut appeler ces règles : des normes légales.

Par exemple; une équipe de tournage doit contenir un certain nombre de personnes, des contrats pour tous « les travailleurs » doivent être rédigés et des salaires doivent être payés, en bonne et due forme, il faut tourner avec telle gamme de caméra, si c’est du numérique il faut tourner avec du HD au minimum, avec telle gamme de matériel lumière, les matériels doivent être loués, un tournage doit durer un certain nombre de semaines, en amont du développement du  projet certains organismes doivent s’y investir, le film doit se tourner en France selon une certaine quantité de journées, la nationalité des techniciens rentre en ligne de compte, un financement doit être prévu pour de la post production chez des prestataires convenus, un film doit être monté en 2 ou 3 mois etc.. etc… etc…

Le CNC est un organisme qui a vocation à superviser le développement de l’industrie du cinéma en France selon des lois et règles précisent, liées à l’industrie. Le CNC surveille, intervient, accompagne l’industrie du cinéma, le CNC s’organise à ce que l’industrie cinématographique soit pérenne. Et c’est tant mieux car l’industrie apporte du travail à des milliers de personnes. On ne peut pas prendre le risque de voir s’effondrer une industrie (du cinéma) au nom de la «priorité artistique».  Il y a des règles «techniques»,  il faut les suivre si on prétend obtenir une aide du CNC, il faut participer à l’équilibre industriel avant tout.

Quand un projet est refusé par le CNC, de fait, sur le terrain toutes les portes se referment ensuite, dans ces conditions généralement les distributeurs ne suivent pas, les chaînes de TV renoncent aussi à s’intéresser au projet, pas de TV et pas de distributeur implique qu’il ni y’a pas de contrat de financement à déposer auprès des SOFICA, donc pas d’avance de financement des SOFICA en retour. Tout cela explique pourquoi OURCQ TLS n’a jamais trouvé aucune société de production sérieuse qui s’intéresse au projet. Cependant cette situation est logique, en effet OURCQ TLS n’est pas un film rassurant pour le CNC car, il faut le reconnaître, il s’agit d’un projet qui, sur le papier, est loin de remplir les normes que l’on attend d’un film industriel; temps de tournage qui va bien au-delà d’une durée classique, équipe de tournage hyper réduite, le format de tournage est le DV, le matériel de prise de vue est du matériel «non professionnel», certaines images se tournent de façon sauvage quand il s’agit des extérieurs, les acteurs sur le papier sont peu connus, voire inconnue pour l’actrice principale, le scénario possède une ligne totalement déstructurée sur le plan temporel, il s’agit d’un premier film, le réalisateur monte son film lui-même sur une longue période etc… Dans ces conditions le projet sur le papier est apparu comme «expérimental», totalement en dehors des normes industrielles, pas assez «standard». Donc rien de surprenant à ce que le CNC rejette un tel projet, c’est même  «normal».

Cependant, il y a un mal Français dans le monde de la production, c’est celui qui consiste à considérer qu’un projet est sans avenir, voire mauvais, quand le CNC le rejette. Pourtant au départ le producteur qui dépose le dossier croit en le projet. Et du jour au lendemain quand le CNC le rejette, ce même producteur considère ce même projet comme bon pour la poubelle. C’est une philosophie pour le moins surprenante, qui à mon sens décrédibilise les producteurs de cinéma depuis une vingtaine d’années maintenant en France. Le seul intérêt pour un producteur c’est que le projet génère du financement extérieur sans risque en amont avec comme étape essentielle l’acceptation du projet par le CNC. Le projet en soi est totalement secondaire, c’est souvent le cas.

« c’est génial, viable, on crève d’envie de le faire mais le CNC ne veut pas » : cette tirade là, faudrait la faire breveter…

Pour ma part un refus du CNC ne change rien en la qualité d’un projet si on y croit.

Au départ quand on demande une aide au CNC pour développer un film long métrage, il faut bien comprendre qu’il s’agit d’un dossier uniquement basé sur une note d’intention, sur un budget et sur un scénario. Or un scénario ce n’est rien d’autre qu’un élément virtuel, qui n’informe en rien, sur ce que sera le film, au départ un scénario c’est de l’info 100 % virtuelle, ce n’est que du fond, or la force d’un film c’est la forme. Ce n’est pas l’histoire du film qui importe, mais sous quel forme le film racontera l’histoire. Le seul scénario qui vaille pour juger un film c’est celui que l’on pourrait écrire sur la base du film déjà réalisé et que l’on a vu.  A ce stade du dépôt de dossier l’artistique ne peut donc pas rentrer en ligne de compte dans cette affaire, le scénario en réalité n’apportant rien de tangible ou d’explicite sur ce que sera la qualité d’un résultat. Les réels éléments qui fondront donc la décision du CNC, de donner une aide ou de la refuser, au départ ce seront les éléments du budget, la question sous jacente qui se pose est de savoir si le film participe à l’industrie ou non sur un plan légal et selon les règles en cours. Si le film est suffisamment dans la norme industrielle ou pas. 

Un jour en 2007 alors que je suivais des cours de production au CEFPF, j’ai croisé comme intervenant le responsable du service des financements au CNC qui m’a dit que si on commençait son film avec une volonté d’innovation et de sortir des sentiers battus on pouvait toujours venir voir le CNC en cours de route avec des images, qu’il y avait toujours moyens d’être aidé. C’est ce que j’ai fait, j’ai commencé le film en autoproduction dans le but d’avoir des images, et après 3 années de boulot et 50 % du film tourné,  j’ai recontacté la personne pour montrer mes rushs. Outre le fait que la personne a été surprise de me voir débarquer au bout de 3 ans avec 50 % d’un film tourné, la réaction a été que, comme j’avais commencé le tournage sans le CNC au départ, alors le CNC ne pouvait plus rien faire pour m’aider à le finir, le contact n’a pas eu de suite, la personne n’a pas demandé à voir aucune des images déjà tournées. Ironie , j’avais commencé mon film sans le CNC car justement le CNC l’avait refusé.

A ce stade je peux encore comprendre la réaction, puisque c’est en tant qu’autoproduction évincé totalement du CNC  que je me suis représenté à lui, les paramètres sur le papier de OURCQ TLS sont encore plus hors normes qu’au départ du projet, pour le CNC cela veut dire «expérimental», et l’expérimental est le cauchemar de l’industrie.

Puis, en cours de parcours Jean-Pierre Léaud découvre des images du film et accepte de rentrer dans le projet. Une fois les images tournées avec Jean-Pierre Léaud je me retrouve avec 80% du film tourné, à ce stade il ne s’agit plus d’une illusion de film en devenir mais d’un film tourné, et la présence de Jean-Pierre Léaud rend l’ensemble «commercialisable», il ne s’agit plus d’une lubie, l’ensemble devient «viable», on n’est plus sur le papier dans le cadre d’un film expérimental qui peut faire peur à l’industrie, mais plutôt dans le cadre d’un travail sérieux, et qui plus est «accompli» qui pourrait être « agréé »  et « commercialisé ».

Je rentre alors en contact directement avec le directeur du CNC de l’époque, par mail, à ma plus grande surprise le directeur du CNC réagit, je suis convoqué 3 jours plus tard par  « la chef du service de la Création », une heure de discussion; j’explique le parcours du film, nous ne sommes plus dans l’illusion puisque j’ai 80% du film tourné, un acteur de renommé a été filmé (Ce Jean-Pierre Léaud est Cesar d’honneur pour sa carrière et légion d’honneur !!). Au final la responsable du Service Création explique que le CNC ne peut rien faire pour aider à terminer le film, à l’époque je cherchais un budget de 15 000 euros pour cette affaire, la raison donnée du refus de prendre en considération mon film fut que le tournage est en cours, dans ces conditions aucune aide financière ne peut-être allouée, de rajouter cette extraordinaire précision : ‘Bruxelles nous l’interdit », effectivement quelques semaine plus tard on entendait Mr SAPIN ministre d’état du gouvernement en cours déclarer qu’il sonnait la récré sur les petits films réalisés en France… (LIEN ARTICLE )
Le CNC ne put donc rien pour pour m’aider à terminer la prise de vues de ce film avec l’immense Jean-Pierre Léaud, au point même que la responsable CNC du Service Création ne demanda à aucun moment de voir des images tournées avec cet acteur, ou même un montage déjà effectué.

Vues les règles, vues les normes à respecter, je comprends que le CNC ne puisse rien pour OURCQ TLS.  Cependant d’un point de vue générale, au-delà de mon cas personnel je crois  sérieusement que le cinéma vit une triste époque car il est fortement rongé par la standardisation, le formatage, l’angoisse du risque, et en répercussion c’est une totale négligence artistique qui s’abat sur le monde cinématographique Français comme par automatisme. J’aime à dire que le CNC favorise uniquement la création d’un «cinéma Français légal» alors que le CNC  devrait favoriser légalement « des Français qui font du cinéma ». Ce n’est pas du tout pareil.
Le CNC ne sait pas vraiment ce que c’est que le cinéma en réalité, il est incapable de faire la différence entre un téléfilm et le cinématographe de Bresson. C’est dommage car c’est l’image de la création Française qui est dévalorisée dans le monde, je le constate tous les jours dans des discussions privées dans les « salons informés »…

En ce qui concerne OURCQ TLS le CNC aurait du s’y intéresser, car l’expérience ciné que je développe est intéressante, courageuse, prometteuse sur l’avenir et méritait vraiment d’être encouragée, d’autant plus que le budget de base est presque inexistant par rapport à un budget classique de premier film, puisque autoproduction. Mais avec le CNC, si c’est non au départ, après il ni y’a plus aucun respect pour le travail accompli si le film se tourne tout de même en autoproduction. Le CNC ne regarde pas le travail en cours. Au CNC on sélectionne sur le scénario, c’est à dire sur une illusion, mais si vous commencez le tournage et que vous pouvez montrer du résultat, là le CNC ne peut plus rien, cet organisme est comme perdu. Comme la structure scénaristique de OURCQ TLS est déstructurée et atypique, j’ai le souvenir qu’un adjoint de Véronique Cayla (alors directrice du CNC de l’époque) m’avait aussi conseillé de déposer des dossiers de mes projets en cours dans une catégorie appelée «fond d’aide à l’innovation», une nouvelle catégorie qui promeut les nouvelles formes d’écritures, en remplissant le dossier je découvre que pour avoir le droit de déposer un projet dans ce domaine il faut avoir au moins écrit deux téléfilms ayant été achetés par la TV. Dans la catégorie innovation écriture le CNC impose que vous soyez  « scénariste de téléfilm » au préalable. C’est ce qui s’appelle se tirer dans le pied ! Des fois on finit par penser que le CNC est une machine administrative de style soviétique dont la finalité est la destruction  de toutes formes d’originalité et de créativité, au profit d’un essor industriel capitaliste. Paradoxe ! Dommage car le CNC est une formidable machine de financement quand cette machine ne vous exclut pas, et en réalité la qualité artistique et l’originalité ne sont pas des entraves à l’industrie, les deux pourraient formidablement bien s’unir pour leur développement respectif. Les auteurs originaux et les artistes finissent par regarder cela de loin et abandonnent toute idée de contact avec cet organisme,  trop compliqué de s’en approcher, ils se sentent totalement méprisés.

Voyez la déf de l’AVANCE SUR RECETTES sur Wikipédia en 2014, elle est incroyable, 2 Xtraits :

- Le cinéaste Bruno Dumont dénonce la frilosité des choix, contraire aux principes même de l’aide : «Je suis à l’avance sur recettes et je peux vous dire que l’originalité est pénalisée. Surtout pas de trucs originaux, c’est un peu le mot d’ordre»
- Trois producteurs (Gemini Films, Agat Films et Les Films d’ici) se sont vu accorder un tiers des avances (…) Cette répartition de l’aide apparaît, pour certains, comme contraires aux principes mêmes de l’avance sur recette (création, renouvellement, émergence de nouveaux talents). ».

Je croise beaucoup de réalisateurs qui ont un talent dingue, qui pourraient devenir des cinéastes, des cinéastes au fort potentiel de rentabilité avec un vrai univers maîtrisé, mais ils ont tous le même discours sur le CNC, à savoir que cet organisme a peur des auteurs non standardisés. Un Pialat ou un Melleville n’aurait aucune chance avec cet organisme aujourd’hui. Certains cinéastes considèrent même que la principale fonction du CNC consiste à les faire «tourner en rond» le plus longtemps possible dans les méandres de l’espérance pour les éliminer du circuit, le but étant d’assurer la domination d’une certaine «caste bourgeoise», sans savoir faire, sur le medium.  Ce point de vue répandu n’est pas foncièrement paranoïaque car en réalité sur le terrain si  vous n’obtenez pas le CNC au départ de votre affaire pour un 1er projet alors plus personne ne vous écoute, vous n’avez plus aucune chance d’avoir les financements TV, ni les banques spécialisées, ni les aides des régions, et surtout aucun distributeur, et votre projet est mort.

Quand le CNC vous dit non, le CNC se satisfait que vous acceptiez la sentence de bonne grâce.

Moi le CNC m’a dit toujours dit non depuis aussi longtemps que remonte ma mémoire. Quoi que je demande et à chaque fois que j’ai été les voir, sur scénario ce fut non.
Je connais les reproches que l’on m’oppose en permanence, un univers un peu trop …cinématographique (si si déjà entendu plusieurs fois en explications), que je donnerais beaucoup trop d’importance à l’artistique et que je négligerais trop la standardisation et l’automatisation des taches. Je trouve ridicule cette accusation, les deux sont compatibles dans l’industrie, il ni y’a qu’en France que l’on ne produit pas de « petits » films puissants. Ils sont où ? Il ni y’en a pas dans les salles en tous les cas…

Je suis ravi d’être en autoproduction sur mon premier film, j’aurais du me lancer bien plus tôt, dès le départ. Si on débute sur un premier film et qu’on veut faire du bon boulot vaut mieux attaquer seul, ne pas attendre pour commencer le film que le CNC se réveille. Je peux dire aussi que travailler sans financement système sur un premier long c’est fabriquer librement la preuve que l’on sait ce que l’on veut et qu’on peut y arriver en bricolant, cela ne rime à rien de cracher sur le système en permanence si par ailleurs on agit jamais, il faut aussi se bouger pour démontrer que l’on mérite les avantages que le système peut vous apporter. Quand on connait un peu l’histoire cinématographique de la France, on découvre que le système CNC a toujours raté le départ de ceux qui sont devenus des grands cinéastes par la suite, c’est dire, voir effectivement le parcours de Pialat, c’est effarant. Je crois qu’il a réalisé son premier long à 43 ans après 20 ans de tentative. Il faut prendre le CNC pour ce que c’est, c’est un organisme purement administratif, comme la CAF ou les ASSEDIC, papier bleu case bleue, papier vert case verte, si on pense qu’il y’a de l’artistique là-dedans et que l’on sera jugé sur du talent, on est mort.

En ce qui me concerne sur ce premier film, je peux vraiment dire aujourd’hui qu’au stade d’avoir terminé la prise de  vues,   OURCQ TLS est une autoproduction, 100 % indépendante, sans CNC et sans producteur, que même si certains à droite à gauche ont payé quelques factures dans la famille, j’en suis au final l’auto producteur à 100 %,  je sais ce que je dois et à qui je le dois, ce qui doit être redistribué au final le sera, peut-être que ce film me permettra de trouver des financements pour le suivant, j’ai un long métrage petit budget qui est prêt, un truc genre Noir-Burlesque, dans la lignée du film Série Noire d’Alain Corneau, transposé dans une grande ville, Bruno Putzulu a lu le scénario et veut le rôle principal, il était tout excité à l’idée du projet.  On verra.
J’écris aussi un Thriller en ce moment pour une boite, l’adaptation ciné du parcours de Luka Rocco Magnotta. En attendant que tout cela aboutisse,  avec OURCQ TLS c’est un peu mon aventure Eraserhead que je vis depuis quelques années… Certains comprendront le message…

Jean-Pierre Léaud pris au piège OURCQ TERRIFIC LOVE STORY

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6. AVENIR ECONOMIQUE

Aaaaargh?! Quelle réponse à donner ?

Maintenant que le film est en montage, je me suis adapté à manoeuvrer avec des petits moyens, la vraie question c’est où va t-on sur un plan économique ?
Là pour ne pas sombrer je puise à mort dans mon côté mégalomane rongé par le fantasme. Mon point de vue, fantasmagorique et mégalomaniaque donc,  en ce qui concerne la distribution je considère qu’un film, et surtout un premier film, se doit de posséder déjà une certaine puissance, une certaine existence qui lui soit propre avant de le confronter aux règles du commerce tel qu’il s’organise dans le système.
La « politique » sur
OURCQ TLS est de se battre en tant que créateur du film pour que le film reçoive certains atouts, une certaine puissance, avant de le laisser «voguer» (se fracasser?) vers sa propre « destinée ».

Il est vrai que sur un plan financier OURCQ TLS est un projet inexistant, un gros bricolage, cependant ce film n’en reste pas moins un objet cinématographique hyper inventif sur le plan de son écriture et de sa fabrication. Sur ces points OURCQ TLS est un film très ambitieux car il existe alors que tout le monde lui a prédit la mort dès la naissance. D’autres films avant ont prouvé que l’on pouvait être un petit bricolage, que l’on pouvait être totalement utopique dans son idée d’exister, et pour autant recevoir contre toute attente en récompense d’une véritable ambition une  forte adhésion des spectateurs pour à terme devenir tout à fait rentable, et vu par des spectateurs qui paient en salle.

Le premier film de Jean-Luc Godard ou de Luc Besson en sont des parfaits exemples.

Pour être concret, dans un premier temps OURCQ TLS se destine en priorité aux spectateurs des festivals. Dans les festivals on aime le cinéma pour ce qu’il est, c’est-à-dire un champ d’expérimentation (il faut se le dire et tabler sur ce point), OURCQ TLS est parfaitement taillé et conçu pour y être repéré, et pour plaire, que ce soit le film lui-même ou son actrice principale. Le film possède une image DV ce qui est rare pour un long métrage qui vise l’exploitation classique à terme, le film possède un monde lumière particulier, un style de cadrage et montage singulier, une construction scénaristique atypique originale, une bande son inventive, un univers fort qui lui est propre, et une actrice qui fait craquer tout le monde. Le film se fera donc repérer dans les festivals. Parallèlement à son aventure festivalière, OURCQ TLS fera le buzz en se montrant lors de projections secrètes qui auront lieu dans des appartements privés à Paris, ces projections seront organisées à l’attention de professionnels de la presse cinéma internet tout en y mêlant des  particuliers, j’aime bien cette idée, c’est original et cela me permettra de rencontrer directement des spectateurs dans une ambiance confinée, un film n’est pas du cinéma car il se diffuse en salle, le cinéma c’est le cinéma, même sur un écran TV, pour la salle on verra plus tard.

Une fois effectuée sa tournée des festivals OURCQ TLS sera projeté en exclusivité durant une année dans une seule et unique salle de cinéma art et essai à PARIS, tous les samedis soirs à minuit, le but étant d’organiser une sorte de goulot d’étranglement limitant les possibilités de visibilité du film à une communauté de spectateurs bien ciblée. Une salle à Paris est déjà sur le coup et ça s’annonce plutôt bien pour l’instant. Dans ces conditions OURCQ TLS deviendra une sorte d’OVNI cinématographique pour la soirée du samedi soir, un OVNI qu’il faudra voir.

Parallèlement à cette projection hebdomadaire unique dans une salle à minuit,  de nombreux buzz étranges et liés au film seront mis en place sur le net pour communiquer sur l’univers de OURCQ TLS.  Le film sera notamment découpé en Web-Sequences pour être dispersé sur le net dans le désordre, le but étant de mettre de façon modulaire l’univers OURCQ TLS à disposition du spectateur potentiellement intéressé tout en restant mystérieux et tout en rappelant que le film est visible dans sa totalité à Paris tous les samedis soir à minuit dans une salle unique. On filmera le « public » faisant la queue à la porte du cinéma et on mettra tout cela sur internet pour la promo. Le bouche à oreilles est friand de ce type d’action surtout quand il s’agit d’un soutien artistique.

Voilà les mots, une promo bouche à oreilles numérique en soutenance d’un film OVNI.  

Quand toutes ces étapes seront atteintes, à ce stade vu le prix de revient du film, vues ses dispositions artistiques originales et inventives, vu le public potentiel qui lui sera attaché, alors le film présentera peut-être un intérêt commercial pour un distributeur classique. Faut bien voir l’OVNI qui passe surtout s’il a été primé en festival et que le bouche à oreilles fonctionne. C’est le but. A ce moment le film ne m’appartiendra plus. Il fera sa route et moi j’aurais fait mon boulot. Et je passerai à la suite, j’ai d’autres projets.  Moi ce que je veux c’est faire des films d’auteur populaires. J’avoue ressentir un certain respect pour Kubrick. 

dans la cuisine hantée

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7-  PARCOURS

Pffff…
J’ai passé une première partie de ma vie dans les salles de cinéma. Le premier choc c’est Alien à 15 ans,  puis ce fut Le Sens de la Vie des Monty Python, puis Brazil, puis le coup de massue quelques années plus tard ce fut Blue Velvet en entrant par hasard dans une salle au lieu d’aller à la fac.   C’est avec Blue Velvet que j’ai compris la folie du cinéma, que la puissance du cinéma ne réside pas dans sa capacité à distraire, bien au contraire, le cinéma n’a pas vocation à distraire, il concentre. C’est avec ce film de Lynch que j’ai commencé à cogiter cinéma, de la même façon que certains cogitent littérature, peinture ou musique. Et puis j’avais rien d’autres à faire…
J’ai passé 100% de mon temps dans des salles durant presque 15 ans. Puis j’ai commencé à me lasser des films qui sortaient au cinéma, je ne voyais plus matière à progresser avec des films de salle, d’autant plus que j’ai vite compris que l’essentiel des films en salle n’étaient en réalité que des téléfilms.  J’ai commencé à fouiner, et là je suis tombé sur les films en K7 puis DVD de Kubrick, de Welles, de Hitchcock, de Peckinpah, de Bunuel, de Pasolini, de Cassavetes, d’Antonioni, de Pialat, de Fellini, de Fassbinder et tant d’autres encore, ça m’a donné envie d’écrire mes propres histoires, de poser mon propre univers. Aujourd’hui ce qui m’inspire, ce sont des personnes qui expérimentent le cinéma en numérique, comme Peter Joseph ou Miguel Coyula, Damon Packard,  Quentin Dupieux quand il tourne son 
« Non Film » teaser ICI, et aussi Melvil Poupaud en France qui à mon sens a réalisé le meilleur film du monde en DV et en autoproduction,  le titre c’est « Quelque Chose », ça date de 1999, c’est un film stupéfiant, d’une puissance à faire baver le Bunuel du Chien Andalou,  c’est un film que je montrerais dans toutes les écoles de cinéma, dont il serait bon d’imposer l’étude.  C’est dingue, ce type est un cinéaste de génie et aucun producteur en France ne s’en aperçoit et lui signe un long. Voilà un cinéaste pour Cannes, la place de Melvil  est à Cannes en compétition entre Lynch et Lars Von Trier. J’ai été très marqué aussi récemment  par deux blockbusters, Casino Royal  de Martin Campebell et Batman Dark Knight de Christophe Nolan, ces deux films prouvent que l’on peut faire des gros films indus et populaires qui soient des films d’auteur à 100 %  et totalement réussis jusqu’aux bouts des ongles.  Dans le Batman la poursuite en « BatMoto » dans les rues de la ville est tout simplement hallucinante et magnifique,  totalement « fabriquée à la main », 100% artisanale, aussi tripante que la poursuite en voiture dans Bullitt, ce qui prouve que la médiocrité du cinéma l’on nous vend n’a rien à voir une quelconque responsabilité industrielle ou commerciale, mais bel et bien parce que tout dépend du talent d’un réalisateur au moment où il fait son film.  Je ne sais pas ce que va donner le Melancholia de Lars Von Trier mais la teaser me sidère déjà (un fake il parait?) :  LE TEASER , et LA BANDE ANNONCE  me met littéralement par terre. Récemment j’ai été fasciné par L’Exercice de l’état, La Guerre est déclarée, Drive, le Millenium de Fincher, Cosmopolis et l’hallucinant et immense film Faust de Sokourov, aussi Interstellar (le choc), BirdMan (génial).
M’inspire aussi la peinture et la musique, écouter Alan Vega ou Jean Guillou par exemple c’est très formateur. La rue aussi faut garder l’œil sur la rue et sur la vie. Le cinéma doit rendre la vie, il est donc nécessaire de conserver une certaine expérience d’une vie «dehors», ce qui est difficile quand on écrit ses films comme moi car l’écriture peut devenir rapidement une prison «dedans». Récemment la surprise fut Inland Empire de Lynch (on y revient), film que j’ai découvert alors que je venais de commencer de tourner OURCQ TLS et ce fut un choc tellement j’avais l’impression de voir mon film, j’ai même du enlever des idées dans OURCQ TLS car je les retrouvais dans INLAND EMPIRE.  Sinon coté inspiration, l’univers internet, la géopolitique, la vulgarité des émissions People TV sont des mondes très inspirants. Le cynisme des discours politiques aussi me fascinent, avec l’âge j’ai appris à les décoder, c’est très instructif et très inspirant sur un plan cinématographique, ça forme sur ce qu’est la manipulation, l’ignominie humaine, très bon à comprendre quand on scénarise. Les séries TV aussi me fascinent, de Mad Men à Breaking Bad en passant par la géniale série hyper cinématographique qu’est Boss. Au final j’aime bien les films d’auteur populaires, aujourd’hui je pense être pas trop mal organisé pour la suite, je possède une bonne expérience en lumière numérique, le sens du cadre, je suis monteur (c’est un métier que j’ai pratiqué beaucoup), je suis aussi scénariste long métrage, j’en ai écrit pas mal, il y a quelques titres et résumés ici  SCENARIO .  Mais bon, pour travailler avec un vrai budget c’est le CNC qui décide, donc on verra…       

IMAGES PSYCHIATRIQUES DE 1ER CHOIX

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Le site du film OURCQ TERRIFIC LOVE STORY ici SITE

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Par OURCQ TERRIFIC LOVE STORY le 20 mars, 2011 dans Non classé
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